Un soignant ouvre NETSoins sur le poste de nuit pour tracer une administration de médicament. Il se connecte avec le code d’un collègue parti en pause, parce que « c’est plus rapide ». Ce geste anodin crée une faille de traçabilité que la CNIL peut sanctionner. Sécuriser les données patients sur NETSoins DomusVi ne relève pas d’un projet informatique lointain : c’est une série de réflexes quotidiens, à la portée de chaque membre de l’équipe.
Droits d’accès NETSoins : pourquoi la granularité des profils change tout
Depuis le 9 février 2024, la CNIL a durci sa doctrine sur l’accès au dossier patient informatisé. Le message est clair : chaque professionnel ne doit voir que les données dont il a besoin. Dans NETSoins, cela passe par la configuration des profils utilisateurs au niveau de l’établissement.
Vous avez déjà remarqué que certains onglets restent grisés selon votre fonction ? C’est le principe des habilitations. Un agent hôtelier n’a pas besoin de consulter les prescriptions médicales. Une infirmière coordinatrice, en revanche, accède aux transmissions ciblées et aux plans de soins.
Le problème survient quand un établissement attribue un profil générique « soignant » à tout le monde. Dans ce cas, l’aide-soignante peut lire des données psychiatriques ou des comptes rendus de consultations spécialisées qui ne la concernent pas. La CNIL considère cette pratique comme un défaut de sécurité sanctionnable.
Configurer les habilitations dans NETSoins
La gestion des droits se fait depuis le module d’administration du logiciel. Le cadre de santé ou le référent informatique peut créer des profils sur mesure. Trois principes guident ce paramétrage :
- Attribuer un profil par fonction réelle (aide-soignant, IDE, médecin coordonnateur, psychologue), pas par service ou par commodité
- Désactiver immédiatement le compte d’un salarié qui quitte l’établissement ou change de poste, pour éviter les accès fantômes
- Activer la procédure de bris de glace pour les accès exceptionnels, avec une justification écrite traçable dans le logiciel
La CNIL a annoncé une consultation publique sur un projet de recommandation dédié au dossier patient informatisé, avec une publication consolidée prévue dans son programme de travail. Les établissements qui auront déjà structuré leurs habilitations sur NETSoins seront en conformité sans effort supplémentaire.

Traçabilité des connexions NETSoins : ce que les journaux d’accès révèlent
NETSoins enregistre chaque connexion, chaque consultation de dossier, chaque modification. Ces journaux d’accès ne servent pas qu’à satisfaire un auditeur. Ils protègent aussi le soignant en cas de litige.
Pourquoi ce point mérite votre attention ? Parce qu’en cas de plainte d’une famille ou d’un résident, le journal d’accès prouve qui a consulté quoi et quand. Si un dossier a été ouvert par un compte partagé, il devient impossible d’identifier le professionnel responsable.
Mettre fin aux identifiants partagés en EHPAD
Le partage d’identifiants reste fréquent en EHPAD. Les raisons invoquées sont toujours les mêmes : le mot de passe est trop long, la session a expiré, le collègue est en pause. Chaque excuse crée un trou dans la traçabilité.
Un identifiant NETSoins doit correspondre à une seule personne physique. C’est une exigence réglementaire, pas une préférence technique. Pour faciliter l’adoption, certaines structures ont raccourci le délai d’expiration de session tout en simplifiant la procédure de reconnexion rapide via un code PIN interne.
Le cadre de santé peut vérifier les anomalies dans les journaux : connexions simultanées sur deux postes avec le même compte, accès en dehors des horaires de travail, consultation massive de dossiers en quelques minutes. Ces signaux doivent déclencher un échange avec le salarié concerné, pas une sanction immédiate, mais une clarification.
Sécurité des postes et du navigateur pour accéder au portail NETSoins
La connexion au portail NETSoins passe par un navigateur web. La sécurité des données dépend donc aussi de l’état du poste utilisé. Un ordinateur partagé dans le couloir d’un EHPAD, avec trois sessions Windows ouvertes et un navigateur qui mémorise les mots de passe, représente un risque concret.
Verrouiller systématiquement le poste dès que vous vous en éloignez est le geste le plus simple et le plus négligé. Un raccourci clavier suffit. Cette habitude empêche un visiteur, un prestataire ou un résident de consulter un dossier ouvert par mégarde.
Navigateur et cache : des réglages à ne pas ignorer
Le navigateur doit être maintenu à jour pour bénéficier des correctifs de sécurité. Les extensions non approuvées (bloqueurs de publicité personnels, outils de téléchargement) peuvent interférer avec le fonctionnement de NETSoins ou créer des failles.
- Désactiver l’enregistrement automatique des mots de passe dans le navigateur pour les sites de santé
- Vider régulièrement le cache et les cookies, surtout sur les postes partagés entre plusieurs soignants
- Utiliser uniquement le navigateur recommandé par le support technique DomusVi pour éviter les erreurs d’affichage ou de connexion
Ces gestes prennent quelques secondes. Ils réduisent significativement le risque qu’un identifiant reste accessible après la fin d’une session.

Réagir à un incident de sécurité sur les données de santé en EHPAD
Les fuites de données en santé se sont multipliées ces dernières années en France. Plusieurs établissements et prestataires de santé ont été touchés par des cyberattaques exposant des données personnelles de patients. Un EHPAD utilisant NETSoins n’est pas à l’abri.
Que faire si vous suspectez un accès anormal à un dossier, un comportement inhabituel du logiciel ou une tentative de connexion suspecte ? Signaler immédiatement l’incident au cadre de santé et au référent informatique, sans tenter de « réparer » soi-même. La rapidité du signalement conditionne la capacité de l’établissement à limiter les dégâts.
Le RGPD impose de notifier la CNIL dans les 72 heures suivant la découverte d’une violation de données personnelles. Le DPO (délégué à la protection des données) de la structure DomusVi pilote cette procédure. Mais il ne peut agir que si le terrain remonte l’information sans délai.
Chaque établissement devrait disposer d’une fiche réflexe affichée près des postes de soin. Cette fiche indique qui contacter, dans quel ordre, et quelles informations transmettre : type d’anomalie constatée, heure, poste concerné, identifiant utilisé.
La sécurité des données patients sur NETSoins DomusVi repose moins sur la technologie que sur les habitudes de chaque soignant. Un profil bien configuré, un identifiant personnel jamais prêté, un poste verrouillé en quittant la pièce, un incident signalé dans l’heure : ces quatre réflexes couvrent la majorité des risques au quotidien.

