Maretraite-entreprise.com est un portail de gestion de la retraite supplémentaire d’entreprise. Il regroupe les contrats collectifs souscrits par l’employeur (PER d’entreprise obligatoire, PER collectif, anciens dispositifs article 83 ou PERCO) et permet au salarié de consulter ses droits, télécharger des attestations ou effectuer des versements. Ce guichet numérique ne remplace pas l’Assurance retraite ni l’Agirc-Arrco : il couvre uniquement le volet supplémentaire lié au contrat de l’entreprise.
Transferts d’anciens contrats vers le PER : ce que l’espace en ligne ne montre pas toujours
Depuis l’entrée en vigueur du plan d’épargne retraite (PER) au 1er octobre 2019, les anciens dispositifs collectifs (PERCO, article 83, contrats dits « PER Entreprises ») sont progressivement fermés à la commercialisation. Beaucoup ont été transférés vers des PER d’entreprise collectifs ou obligatoires.
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Le problème concret : après un transfert, l’historique des versements et la valorisation des anciens contrats ne s’affichent pas toujours correctement sur maretraite-entreprise.com. Un salarié peut constater un écart entre le relevé papier de son ancien PERCO et le solde affiché sur le nouveau PER en ligne.
Trois vérifications à faire après un transfert :
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- Comparer le dernier relevé annuel de l’ancien contrat avec le solde d’ouverture du PER transféré, en vérifiant que les frais de transfert éventuels sont détaillés
- Contrôler que les années d’ancienneté du contrat sont bien reprises, car elles conditionnent les cas de déblocage anticipé et la fiscalité à la sortie
- Vérifier le compartiment d’affectation des sommes (compartiment 1 pour les versements volontaires déductibles, compartiment 3 pour l’épargne salariale transférée), car une erreur de compartiment change le traitement fiscal au moment de la liquidation

Erreurs fréquentes lors de la demande de retraite en ligne
L’Assurance retraite signale depuis 2023 une hausse des erreurs dans les demandes déposées entièrement en ligne. Le piège le plus courant concerne la non-déclaration des dispositifs de retraite supplémentaire d’entreprise. Au moment de liquider sa pension, un salarié remplit son dossier sur lassuranceretraite.fr pour le régime de base et sur Agirc-Arrco pour la complémentaire, mais oublie de déclencher séparément la liquidation de son contrat sur maretraite-entreprise.com.
Cette omission ne bloque pas le versement de la pension de base. En revanche, elle retarde le versement de la rente ou du capital issu du contrat d’entreprise, parfois de plusieurs mois. Le manque à gagner au démarrage de la retraite peut être significatif, surtout sur un contrat alimenté pendant une longue carrière.
Régimes oubliés et périodes non déclarées
L’oubli de certains régimes dépasse le cadre de la retraite supplémentaire. Des périodes d’expatriation, des trimestres cotisés auprès de caisses spécifiques ou des rachats de trimestres non enregistrés créent des trous dans le relevé de carrière. Le réflexe à adopter : vérifier son relevé de carrière au moins deux ans avant la date de départ envisagée, puis croiser les informations du relevé de l’Assurance retraite avec celles affichées sur maretraite-entreprise.com.
Si un écart apparaît, la correction passe par un signalement à la caisse régionale, soit via l’espace personnel en ligne (service « Poser ma question à un conseiller »), soit par courrier postal. La procédure prend du temps : lancer la démarche tardivement repousse mécaniquement la date effective de liquidation.
Impact de la réforme des retraites 2023 sur les simulateurs d’entreprise
La loi du 14 avril 2023 a relevé l’âge légal de départ et accéléré le calendrier d’allongement de la durée de cotisation. Ces paramètres se répercutent sur les simulateurs proposés par les portails de retraite supplémentaire, y compris maretraite-entreprise.com.
Le piège : certains simulateurs intégrés aux espaces d’entreprise n’ont pas été mis à jour immédiatement après la réforme. Un salarié qui a effectué une simulation avant la mise à jour a pu obtenir une date de départ et un montant estimé qui ne correspondent plus à la réalité réglementaire. Toute simulation antérieure à la mise à jour post-réforme 2023 doit être refaite.
Cumul emploi-retraite et nouvelles règles
La réforme a aussi modifié les conditions du cumul emploi-retraite, permettant désormais l’acquisition de nouveaux droits à pension pendant la reprise d’activité. Pour un salarié qui envisage de reprendre un emploi après la liquidation, cette donnée change le calcul global.
Sur maretraite-entreprise.com, les options de sortie (rente viagère, capital fractionné, sortie mixte) doivent être évaluées en tenant compte de cette possibilité de cumul. Le choix entre rente et capital n’a pas le même intérêt selon que l’on perçoit ou non un revenu d’activité complémentaire.

Sécurité du compte et risques de phishing sur les portails retraite
Les portails de retraite d’entreprise sont des cibles de phishing. Des courriels imitant la charte graphique de maretraite-entreprise.com circulent, invitant à « confirmer ses identifiants » ou à « mettre à jour ses coordonnées bancaires » via un lien frauduleux.
Trois réflexes pour sécuriser son accès :
- Ne jamais cliquer sur un lien reçu par courriel prétendant provenir du portail retraite : accéder toujours au site en tapant directement l’adresse dans le navigateur
- Activer la double authentification si l’option est proposée, ce qui empêche l’accès au compte même en cas de vol du mot de passe
- Signaler immédiatement tout changement de coordonnées bancaires non sollicité visible dans l’espace personnel, car cela peut indiquer un accès non autorisé au compte
Un compte compromis sur un portail de retraite supplémentaire donne accès à des données sensibles : numéro de sécurité sociale, historique de carrière, montant de l’épargne constituée. La vigilance sur ce type de plateforme mérite le même niveau d’attention que pour un compte bancaire.
La multiplicité des portails de retraite (Assurance retraite, Agirc-Arrco, maretraite-entreprise.com) complique la gestion des droits, mais chacun couvre un périmètre distinct. Le relevé de carrière de l’Assurance retraite reste la pièce maîtresse pour vérifier ses trimestres et son taux. L’espace entreprise complète le dispositif pour la partie supplémentaire. Croiser ces deux sources, au moins deux ans avant le départ, reste la précaution la plus efficace pour éviter un retard de liquidation ou un manque à gagner à l’entrée en retraite.

